Voici plusieurs mois que l'on assiste impuissants à la disparition de plusieurs milliards d'abeilles : cette information, qui pourrait paraître anodine aux yeux de certains, pourrait cependant sonner le glas de l'espèce humaine...

Tout commence en Floride, l'automne dernier où l'on constate plusieurs cas de désertion d'essaim, apparemment sans raison : aucun cadavre n'est retrouvé à proximité, aucun prédateur ni squatter n'occupe les lieux... Le phénomène se généralise : Canada, Europe et même Taïwan en avril dernier.
Les scientifiques ont mis un nom sur ces disparitions massives : le « syndrome d’effondrement » - ou « colony collapse disorder ». Mais pourquoi s'inquiéter me direz-vous ? Tout simplement car il s'avère que 80% des espèces végétales ont besoin des abeilles pour être fécondées. «Trois quart des cultures qui nourrissent l’humanité en dépendent», résume Bernard Vaissière, spécialiste des pollinisateurs à l’Inra (Institut national de recherche agronomique).
Faut-il incriminer les pesticides ? Un nouveau microbe ? Les deux semble-t-il puisque des indices suggèrent que des champignons parasites utilisés pour la lutte biologique, et certains pesticides du groupe des néonicotinoïdes, interagissent entre eux et en synergie pour provoquer la destruction des abeilles. Le processus de propagation est simple : les plantes traitées sont butinées par les abeilles qui amènent ainsi le pesticide jusqu'à la ruche, qui finit par s'empoisonner.
Sans interdiction massive des pesticides systémiques, la planète risque d’assister à un autre syndrome d’effondrement, craignent les scientifiques : celui de l’espèce humaine. Il y a cinquante ans, Einstein avait déjà insisté sur la relation de dépendance qui lie les butineuses à l’homme : «Si l’abeille disparaissait du globe, avait-il prédit, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre.»

Source : http://www.monde-solidaire.org